Dans une analyse datée du 14 décembre 2012, le Boston Consulting Group utilise lui aussi la comparaison qui semble exagérée et que peu osent : l’économie des États développés constitue une gigantesque chaîne de PonziEn quoi ?

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Charles Ponzi, Bernard Madoff, Ben Bernanke : même combat ?

Dans un premier temps, Charlez Ponzi payait des profits incroyablement élevés à ses premiers « investisseurs » avec l’argent apporté par les suivants, empochant au passage un bénéfice notable. Puis dans un (inéluctable) second temps, tout le monde découvre que l’argent n’est pas investi dans une soi-disant entreprise de timbres postaux, c’est à dire la nature de fraude pyramidale. Dans un dernier temps, la chaîne de Ponzi se renverse : les pigeons qui se pensaient investisseurs souhaitent retirer leur capital (et les intérêts qu’ils pensent obtenir) de la structure financière et, l’information circulant, il n’y a plus assez de nouveaux « investisseurs » pour payer les bénéfices des « investisseurs » précédents, ce qui accélère les sorties d’argent jusqu’à la faillite.

Dans l’économie des pays développés, les épargnants ont placé leur capital dans des établissements financiers qui les « rémunèrent » grâce aux bénéfices dégagés par ces établissement sur ce qu’ils possèdent en

  • actions (titres de sociétés), rentables tant que les consommateurs veulent et peuvent payer, c’est à dire tant qu’ils ont un salaire et/ou un crédit suffisant qui permet d’alimenter exponentiellement les profits des sociétés
  • obligations (promesses de remboursement), rentables tant que les gouvernements (obligés de compléter / remplacer leurs impôts par l’emprunt AVEC INTÉRÊT depuis une trentaine d’année) peuvent payer exponentiellement.

Entre 2006 et 2008, ce gigantesque système, légal à la différence d’une fraude pyramidale, s’est retourné, faute de rentrées suffisantes d’argent par rapport aux promesses, car

  • la population active sous-rémunérée (les salaires baissent par rapport aux prix réels) et sous-employée (chômage depuis la désindustrialisation) ne peut pas garantir, via sa consommation et les impôts qu’elle paie, la valeur de ces deux types de produits, largement surévalués
  • le coût de l’énergie, qui est à la base de la transformation de ressources naturelles en marchandises et en services par le travail, à passé un seuil critique
  • les promesses de dépenses, principalement pour payer les intérêts composés de la dette, les soins (privés ou publics) d’une population vieillissante et la subsistance des chômeurs, explosent

20121214 BCG Ending Ponzi Finance Developed countries gov spending COLLECTOR

Ce n’est pas un hasard si le système de Madoff s’est écroulé à cette période vu qu’il fait partie intégrante d’un système analogue plus large : l’économie des États développés.

Après Lehman Brothers (Krach boursier de septembre 2008), aucun gouvernement sauf celui des Islandais n’a osé admettre que la consommation et les impôts fournie par la population active ne sont pas en mesure de garantir la valeur actuelle des actions et des obligations, et donc que les dettes ne peuvent pas être remboursées : ce que l’on appelle un défaut sur la dette, faire « faillite ». Si les établissements financiers font faillite, les épargnants perdent tout ou partie de leur argent et se retournent contre les politiques. Derrière donc la méthode pour « résoudre » cette crise et le refus de faire faillite, il y a un conflit entre les épargnants, souvent d’hier et électoralement plus influents (la génération du baby-boom) et les travailleurs actifs d’aujourd’hui, outre les intérêts de l’oligarchie.

Pour éviter l’éffondrement, les autorités politiques et les banques centrales (nullement indépendantes en pratique) ont décidé de prolonger l’édifice par tous les moyens : d’abord l’austérité, pour tenter d’extraire davantage d’argent de la population active et finalement reconnaître qu’on ne peut à la fois augmenter les impôts et la consommation des mêmes personnes.

20121214 BCG Ending Ponzi Finance Trend public debt developped countries

20121214 BCG Ending Ponzi Finance Developed countries deleveraging COLLECTOR

Depuis mars 2009, c’est donc l’arme ultime qui est employée : ceux qui ont le monopole privé de la monnaie créent virtuellement des millliers de milliards de dollars pour soutenir la valeur

  • des actions, c’est à dire « la Bourse » (et la majorité des médias et petits investisseurs, confiante, suit)
  • et des obligations, c’est à dire les promesses de remboursement donc les dettes, principalement des États.

La création monétaire (l’inflation) qui soutient la Bourse et les promesses de remboursement des États se transforme actuellement en hausse des prix de l’énergie (la déplétion des ressources n’aidant pas) et des produits alimentaires.

Les gouvernements seront contraints, pour maintenir l’ordre, de faire suivre a minima les salaires (d’abord de leurs clientèles électorales, puis de tous), ce qui produira in fine une forte inflation… et donc la destruction des dettes et de leur miroir : l’épargne.

Enfin, un clin d’oeil : avec plus 65 milliards de dollars de fraude, le spécialiste en matière de schéma de Ponzi, l’ancien président de la bourse NASDAQ de New York Bernard Madoff a déclaré en prison que « le gouvernement entier était un système de Ponzi ».

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