Depuis le célèbre discours de Londres en juillet 2012

Le président de la Banque Centrale Européenne avait déclaré en conférence :« Conformément à son mandat, la BCE mettra tout en oeuvre pour sauver l’euro. Et croyez moi, ce sera suffisant ».

 Ce qui signifie en substance, que la Banque Centrale était et est prête à créer autant d’argent que nécessaire pour racheter les obligations souveraines des États en difficulté, avec deux objectifs : juguler la hausse des taux d’intérêts à payer par les pays, et surtout éviter aux banques la perte de valeur des créances qu’elles ont sur les pays, et donc la dégradation de leur bilan comptable, voir leur faillite.

Thomson Reuters donne un aperçu des résultats en Février 2013 : 

  • Les taux d’intérêt des obligations souveraines (promesses de remboursement) de l’Italie et de l’Espagne baissent
  • Le prix des CDS (assurances contre le défaut de paiement) de l’Italie et de l’Espagne baisse
  • La Bourse remonte et la volatilité des marchés baisse
  • Bilan de la BCE se réduit après avoir considérablement augmenté, en milliers de milliards d’euro
  • Les banques centrales de la Grèce, l’Espagne et l’Italie réduisent leur dette envers la banque centrale de l’Allemagne
  • Les particuliers et les entreprises augmentent de nouveau leurs dépôts auprès des banques en Grèce et en Espagne après un bank run latent, les augmentent toujours en Italie, les maintiennent en Irlande mais les retirent au Portugal

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Ce bilan a priori honorable est à nuancer en regardant le prix réel des denrées alimentaires et de l’énergie, ou encore le niveau d’endettement total des États : par le jeu des intérêts composés et des recettes fiscales en baisse en temps de récession, celui-ci n’a pas baissé. Il ne s’agit que d’une politique de court/moyen terme qui ne résout la situation que psychologiquement.

Les fameux « affreux spéculateurs », c’est à dire les établissements financiers courroies de transmission des particuliers qui ne veulent pas voir leur épargne (qui a servi à prêter aux États) disparaître, sont ainsi découragés d’augmenter les intérêts face au risque grandissant de défaut de paiement (faillite) : la BCE envoie un signal signifiant qu’elle sacrifiera si il le faut le pouvoir d’achat de l’euro pour garantir la valeur des créances obligataires coûte que coûte, afin que les banques (et les épargnants derrière) ne fassent pas faillite.

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