Réseaux

Les vagues d’innovation se font dans le cadre général d’un monde en réseaux, hier exclusivement physiques, aujourd’hui également dématérialisés, avec quatre couches de dépendances.

Infrastructures : l’information

Le premier niveau est le niveau de l’information : c’est le niveau (critique) des infrastructures, les « constructions de base« . Édifiés sur des réseaux physiques de câbles sous-marins, de fils cuivre et de fibre optique, de satellites, d’antennes-relais et d’ondes électro-magnétiques sous toutes leurs formes (Wifi, FM, Bluetooth …), ces réseaux essentiels permettent toutes nos télécommunications modernes, à l’ échelle globale comme locale. Ces réseaux sont en cours de privatisation avancée, ce qui les rend de plus en plus fragiles.

Une infrastructure critique : le réseau des câbles sous-marins

L’infrastructure de télécommunication la plus importante est le réseau des réseaux interconnectés : l’Internet. L’information y circule par paquets en suivant un ensemble de règles pour la diffuser, l’orienter, la recevoir, et l’afficher sur un écran : les protocoles réseaux (TCP-IP, FTP, UDP, POP3, IMAP…).

Architectures : la monnaie

Le second niveau est celui des réseaux monétaires, les plus importantes (archi) constructions (-tectures), qui contiennent et déterminent les autres. Après l’information elle-même, le signe social qui symbolise la valeur (réserve, échange et comptabilisation) est le plus petit élément économique essentiel aux relations humaines.

Hormis le cas du don, qui est une forme de monnaie à sens unique (la contrepartie est le prestige indirect), la monnaie, comme convention sociale, précède et détermine toutes les organisations économiques, sociales et politiques, et non l’inverse. La monnaie n’est pas neutre et est le socle du pouvoir. Ce deuxième niveau contrôle les superstructures, qui elles seules exercent le pouvoir.

Les États ont délégué le pouvoir monétaire à des banques centrales, organisées autour de la Banque des Règlements Internationaux, à Bâle, Suisse.

Superstructures : la norme et le financement

Les superstructures sont les constructions commandées depuis les architectures, mais qui ont une taille importante : ce sont d’abord les États, qui ne peuvent pas fonctionner sans accès au système monétaire international, tant au niveau du paiement (SWIFT) que de la comptabilité publique internationale (Banque des Règlements Internationaux).

Les seules autres superstructures sont les entreprises financières multinationales dotées d’une très forte capitalisation de marché et de réserve de trésorerie comparables au budget net de nombreux pays. Ce troisième niveau symbolise le pouvoir parce qu’il gère la coercition sur les personnes physiques et morales (armée, police, justice) et sur les biens (contrôle du capital).

737 sociétés contrôlent 80% de la valeur ajoutée des entreprises multinationales. Source : Vitali S, Glattfelder JB, Battiston S (2011) The Network of Global Corporate Control. PLoS ONE 6(10): e25995. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0025995

Structures : l’activité économique et sociale

Ce dernier niveau est constitué de toutes les autres organisations humaines comme les entreprises (y compris les grandes entreprises multinationales non financières), les associations…etc. Elles sont faites et défaites par les superstructures qui consentent à ce qu’elles existent légalement et financièrement.

Pour aller plus loin

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