Agences de notation

Pourquoi noter ?

Pour apprécier le risque de défaut de paiement envers ceux qui ont prêté de l’argent à une entreprise, une collectivité locale ou -en l’espèce et pour le cas le plus médiatique- à un État. Ce risque dépend de facteurs multiples qui sont difficiles à identifier et à mesurer pour un particulier ou même des professionnels qui ne disposent pas de toute l’information financière requise. Qu’il s’agisse d’une entreprise (résultat d’exploitation, bénéfice imposable, charges, dépréciations d’actifs…etc) ou d’un État (recettes fiscales, dépenses sociales, perspectives de croissance, service de la dette, démographie…). Il y a les initiés et les autres…La notation est même obligatoire pour certains établissements financiers en qui les épargnants doivent avoir confiance, ou dans le cadre des règles de la comptabilité, pour estimer la qualité du bilan d’une banque.

Qui note ?

Des centaines d’agences. Mais en 1975, la Securities & Exchange Commission (l’Autorité des Marchés Financiers aux États-Unis) a créé une certification qui est devenue incontournable pour avoir accès au marché mondial de la notation. Au tournant des années 2000, c’est à dire à la fin de l’ère Clinton qui a permis à la finance de prendre une importance phénomènale dans l’économietrois agences étaient « certifiées » :

  • Standard & Poor’s Rating Services
  • Moody’s Investors Service Inc.
  • Fitch, Inc.

Être les seules certifiées à ce moment clé leur permet de dominer 90% du marché pour une longue période, même si sept autres agences sont depuis également certifiées :

  • A.M. Best Company, Inc.
  • DBRS Ltd
  • Egan-Jones Rating Company
  • Japan Credit Rating Agency, Ltd.
  • Kroll Bond Rating Agency, Inc. (f/k/a LACE Financial Corp.)
  • Rating and Investment Information, Inc.
  • Realpoint LLC

Comment noter ?

Les agences de notation ont a priori des experts qualifiés pour évaluer le risque de défaut de paiement des États et des entreprises. Une grille de notation existe : la note D signifie 0% de chance d’être remboursé (défaut de paiement), à l’extrême opposé de la note AAA, qui signifie 100% de chance d’être remboursé. Ainsi, selon Fitch, les États-Unis et la France ont 100% de chance de rembourser leur dette…

Les notes sont-elles fiables ?

Il suffit de comparer deux cartes : celle des notes données par la principale agence Standard & Poor’s (40% du marché) en juillet 2012, et celle de la dette publique des États la même année. Regardez bien le Japon…
Standard
Les notes : des pires (en rouge) aux meilleures (en bleu)

Dette publique en % du PIB - 2012 McKinsey
Dette publique en % du PIB – 2012 McKinsey

Le paradoxe

Les agences de notation sont accusées de bien des maux : conflits d’intérêts car elles sont rémunérées par les organisations qu’elles notent, amateurisme (des « départements » constitués d’un seul employé), cynisme des dégradations de note qui conduirait les gouvernements à la banqueroute et les peuples à la souffrance…

Au fond, à la stricte confrontation entre ce qui est noté (la capacité à rembourser) et la note, le reproche le plus solide que l’on peut formuler est très simple : les États sont presque tous sur-notés. La dégradation paraît d’autant plus inacceptable qu’elle est tardive et sélective : comment le Japon peut-il être mieux noté que la Russie ? Le Royaume-Uni mieux noté que la Pologne ? La France mérite t-elle réellement sa note ?

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