Système bancaire

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Une affaire de contrainte et de foi

  • Tout le monde est de facto obligé d’avoir un compte bancaire (les versements de salaire supérieurs à 1500 euro en liquide sont interdits, beaucoup de procédures administratives publiques ou privées sont par chèque ou prélèvement). Cette traçabilité des mouvements financiers des citoyens se fait au nom de la lutte contre le blanchiment mais permet également le recouvrement des impôts. Les paiements en liquide supérieurs à 1000 euro sont interdits.
  • Les Français ignorent également que l’argent qu’ils déposent en banque n’est pas légalement leur propriété mais un prêt (dépôt à vue) effectué à l’établissement bancaire. En vertu de leur convention de compte lorsque celui-ci a été ouvert, les français possèdent une créance (ou une dette en cas de découvert) sur la banque : celle-ci s’engage à leur permettre de retirer l’argent selon les modalités contractuelles (limites de montant par semaine, délais). En cas de faillite de la banque, informez-vous sur qui est prioritaire pour être remboursé entre les actionnaires, les créanciers classiques et les déposants…

Depuis que le système du crédit est en phase d’effondrement (2006), les autorités politiques (publiques) et bancaires (privées) ont effectué des stress test, c’est à dire des simulations sur les pertes potentielles des établissements. Ces simulations sont très critiquées car elles sont peu fidèles à la réalité de la perte de valeur (passée et future) des produits (titres financiers) détenues par les banques, et axées sur des scénarios « légers ». Dexia était selon ces tests la 13ème banque la plus sûre d’Europe. Elle a fait faillite en octobre 2011…

Faites le calcul vous-même

Même si certaines informations bancaires manqueront toujours au citoyen moyen, il revient à chaque français de calculer lui-même la solidité de sa banque :

  1. Télécharger les états financiers de votre banque au 31 décembre de l’année précédente (publication obligatoire)
  2. Retenez le chiffre « Actif dur » ou à défaut « Actif total » : c’est la somme de ce qui est utilisé par la banque (les engagements, ou en comptabilité « les emplois »)
  3. Retenez le chiffre « Capitaux propres durs » ou à défaut « Capitaux propres » : c’est la somme des réserves de la banque
  4. Actif ÷ Capitaux propres = Levier d’endettement de la banque. Plus le levier est important, plus la banque aura besoin de trésorerie en cas de perte de valeur d’une infime partie de son bilan comptable. Au delà de 20, cela signifie que la banque prête ou en notion comptable « utilise » 20 fois plus que ce qu’elle détient en capitaux propres et qu’une perte de 5% lui fait donc utiliser tous ces capitaux propres. C’est déjà critique…

Quelques chiffres

Le secteur bancaire de notre pays représente près de 7136 milliards d’euro, soit 3 fois le montant du PIB. A titre de comparaison, les recettes du budget de l’État pour l’année 2020 seront de 250 milliards d’euro, soit 28 fois moins. En janvier 2014, une étude universitaire américaine établit que les banques françaises, parmi les plus risquées, ont un levier moyen de 32 et leurs capitaux propres moyens sont de 3,29%

Avant-dernière colonne : le Crédit Agricole posséderait 2.56% de capitaux propres sur l'ensemble de son actif selon les universitaires américains Acharya & Steffen - New York University - 15 janvier 2014
Avant-dernière colonne : le Crédit Agricole posséderait 2.56% de capitaux propres sur l’ensemble de son actif selon les universitaires américains Acharya & Steffen – New York University – 15 janvier 2014

Effet de levier et sous-capitalisation

Cette situation est généralisée au niveau mondial, quand on compare les capitaux propres des banques estimés par le marché (« Market Capital », et non plus « Book capital ») et leurs engagements financiers. Les français ont près de 2000 milliards de dépôts dans les banques. Officiellement, plus de 1500 milliards d’euro de ces dépôts des français sont « garantis » par un fond de garantie des dépôts de…2 milliards d’euro….

En noir : capitalisation boursière (principale composante de leurs capitaux propres) des banques. En bulle de couleurs : leurs engagements financiers Source : Thomson Reuters via New York Times, 2009
En noir : capitaux propres des banques
En bulle de couleurs : leurs engagements financiers
Source : Thomson Reuters via New York Times, 2009

Pour aller plus loin

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