Confiance et démocratie

Court-terme. Le système de régulation économique et sociale repose sur des mandats donnés par une minorité relative des électeurs inscrits à des élus jusqu’à l’expiration d’ un terme (cinq ans pour un député et un président, six pour un maire, neuf ans pour un sénateur…etc). Le terme de cinq ans qui structure l’élection majeure (la présidentielle) détermine l »horizon politique.

Pour se faire « réélire », les candidats doivent promettre de préserver les électeurs inscrits qui expriment effectivement un suffrage officiellement reconnu, et qui sont relativement peu nombreux à être acquis à leur cause parmi l’ensemble des français.

Les dirigeants sont élus par une minorité (même relative) des électeurs inscrits.
Les dirigeants sont élus par une minorité (absolue comme ci-dessus, ou relative) des électeurs inscrits.

Verrouillage. En effet, le score de chaque candidat ou liste de candidats est calculé à partir des bulletins en leur faveur par rapport à l’ensemble des bulletins de vote qui ne sont pas nuls (erreurs, annotations, etc) ou pseudo-blancs. Majoritaires à presque toutes les élections, les personnes qui ne se reconnaissent dans aucun « choix » proposés sont ignorées, qu’elles se soient déplacées pour croire voter blanc ou abstenues en restant chez elles. Elles sont ensuite systématiquement culpabilisées et insultées. La « démocratie » simulée permet donc de maintenir des dirigeants choisis par un groupe restreint de clientèles.

Inertie. Hormis les lois qui en usurpent le nom, les « réformes » indispensables sont constamment repoussées et l’inaction devient une constante.

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A défaut de légitimité, surveillance et violence croissantes

L’étude annuelle du CEVIPOF : « le baromètre de la confiance politique ». Les français n’ont pas confiance en leurs dirigeants, en particulier les banques, les médias, les syndicats et les politiques. Pour ces derniers, l’opposition gauche-droite (inexistante sur les sujets-clé) ne fait plus illusion et les sentiments largement dominants sont la méfiance et le dégoût. 70% d’entre eux ne se fient pas aux statistiques publiques. Les jeunes sont identifiés comme moins chanceux que leurs parents, mais cela sera de moins en moins admis au fur et à mesure que les jeunes (génération Z et Y) seront comparés à la déjà pauvre génération X (désindustrialisation, chômage de masse et divorces) et non plus aux baby-boomers (plein-emploi, salaires indexés sur l’inflation, sécurité sociale, aujourd’hui résiduelle).

54% de français croient toujours au vote, mais cette proportion baisse. 80% d’entre eux considèrent que les politiques ne se préoccupent pas de leur avis, et sont corrompus (à 65%)…

Face à la prise de conscience de la réalité du système politique et à l’opposition croissante envers les dirigeants, ces derniers sont contraints de passer d’un système de soumission souhaitée à un système dystopique de domination par la surveillance de masse et la contrainte, mais par paliers successifs de restriction des libertés.

20130315 Totalitarisme huxley vers orwell COLLECTOR

verite qui derange
Le courage, c’est maintenant !

Le gouvernement idéal

Nature humaine. Avant les institutions, le problème se situe au niveau de la psychologie sociale et des biais cognitifs des individus. Grave est l’invalidation récente du théorème du jury : sur des questions complexes, les foules ont tendance à se tromper et à s’en remettre à des incompétents charismatiques qui se surestiment.

Quel système ? Rousseau considère la corruption comme endémique des sociétés humaines, le vice étant démultiplié quand les hommes deviennent de plus en plus interdépendants au fur et à mesure que les sociétés se complexifient. Avant lui, les philosophes antiques ont longuement réfléchi à la question, en particulier Aristote, avec sa fameuse typologie.

typologie gouvernement aristoteMais l’essentiel ne se situe pas tant dans l’architecture juridique que dans les mécanismes de contrôle, et notamment de l’information. Le système le moins vicié et viciable consisterait à mêler expertise, expression collective et contrôles permanents, en étant :

  • décentralisé (la corruption devra cibler toutes les cellules décentralisées simultanément)
  • transparent (la corruption visible dés ses prémices)
  • imprévisible (on ne peut acheter un futur dirigeant qui ignore son tirage au sort)

Pour aller plus loin

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